C’est intéressant d’entrer dans un pays par les chemins détournés. Des réalités s’y font jour qui ne correspondent pas forcément à la carte postale. Ainsi, entrer à Singapour par voie de terre depuis la Malaisie s’avère bien plus aventureux que le passage de la douane de l’aéroport international de Changi que connaissent la plupart des visiteurs occidentaux, les voyageurs professionnels comme les touristes.

Quand on arrive par voie de terre, il faut se montrer patient, très patient. Votre serviteur a eu besoin de trois bonne heures pour franchir, en bus public à longue distance, les deux postes de contrôle douanier distants de moins de deux kilomètres. D’abord en raison de fort longues colonnes de véhicules attendant leur tour. Puis du fait des files d’attente au contrôle des passeports du côté de Singapour (côté malaisien, c’était beaucoup plus rapide…).

De toute évidence, les gens que la Malaisie ne retient pas, Singapour n’a pas envie de les recevoir. Ce sont les pauvres qui arrivent par voie de terre, ceux qui arrivent par avion étant réputés plus riches. Pays riche au niveau de vie occidental, la cité-Etat n’accepte pas n’importe quel individu  qui pourrait remettre en cause son bel ordre policé, son organisation parfaite, sa propreté étincelante, qui lui valent le surnom de « Suisse de l’Asie ».

Pour ces aspects, tant appréciés par les investisseurs et les chefs d’entreprise, la cité-Etat mérite amplement son sobriquet. Mais pas pour beaucoup d’autres. La liberté d’expression et de presse est limitée. Les droits fondamentaux peu respectés. “Singapour une une démocratie top-down, relève, ironiquement, une figure éminente du monde suisse des affaires.

Voilà qui contraste fortement avec le pays de la démocratie directe. De plus, pour un pays développé, on voit bien peu de voitures électriques ou hybrides. Près de 99% de l’énergie consommée est d’origine fossile. De toute évidence, les préoccupations liées au dérèglement climatique ne se sont pas traduites par des mesures concrètes par les acteurs locaux. Encore un contraste avec le pays des barrages, qui tire 25% de ses ressources énergétiques de sources renouvelables.

Singapour, la « Suisse de l’Asie », vraiment ? Pour les aspects réglementaires et policier, certainement. Pour la liberté individuelle et l’avenir du climat, clairement pas.