Les opposants à la candidature de Sion aux Jeux olympiques d’hiver de 2026 ont eu mille fois raison de placer le comité d’organisation sous une pression intense en matière de surveillance des investissements et de prévention des déficits. Leurs efforts ont porté leurs fruits. Ils ont réduit leur programme de constructions, lorsqu’ils n’ont tout simplement pas abandonné certains projets aussi inutiles que dispendieux, comme le grand tremplin de Kandersteg (30 millions de francs), ou l’agrandissement du Centre de congrès de Martigny (60 millions). Inférieurs aux 267 millions de francs prévus l’automne dernier, les investissements dans les infrastructures représentent moins de 12teignent 17%% du coût total du budget.

Les organisateurs peuvent dire aussi merci au CIO, qui leur ont épargné le souci de dépenser de l’argent du contribuable, ce que rêvaient pourtant de faire les premiers initiateurs du projet, le promoteur valaisan Christian Constantin et les entrepreneurs vaudois rassemblés autour de leur Chambre de commerce. On peut certes critiquer les 94 millions que le CIO veut empocher au titre de l’exploitation des Anneaux olympiques.

Mais il y a un obstacle sur lequel ils vont buter, et dont ils sont moins responsables: les coûts de sécurité. A passés 400 millions de francs, – engagements de l’armée, des polices cantonales et de sociétés de sécurité privées – ils représentent à eux seuls 17% des dépenses totales. Un montant que les spécialistes pourront sans aucun doute justifier au vu de la “menace” – et ils peuvent tout mentionner, du terrorisme aux avalanches – mais qui échappe pour ainsi dire totalement aux organisateurs. Il est laissé à la discrétion des autorités concernées, à commencer par les cantons, et à leurs responsables de la police.

Si les Jeux sont acceptés par les Valaisans (ce qui est loin d’être certain, au vu des sondages), on pourra sans aucun doute critiquer un budget trop optimiste. Il faudra sans doute combler un déficit par de l’argent public. Mais une part de la responsabilité n’en incombera pas, pour une fois, aux organisateurs, mais aux gardiens des finances publiques, cantons et Confédération.