Dommage. Le projet de candidature de Sion aux Jeux olympique d’hiver 2026 a certes beaucoup pour séduire : des infrastructures déjà construites pour l’essentiel, une modestie affichée en matière de gestion, un financement de quelque 1,6 milliards de francs pratiquement assurés aussi bien du côté de Berne que du CIO et, cerise sur le gâteau, la mise à l’écart du comité de candidature de Christian Constantin et de Jean-Philippe Rochat.

Mais voilà, il manque encore une pièce importante au dossier. Une petite précision, de celles qu’apprécient les citoyens-contribuables au moment de glisser leur bulletin dans l’urne : en cas de déficit plus élevé que celui inscrit au budget, qui va payer ? La Confédération ? Elle a déjà dit non. Le CIO ? Il a déjà dit non, lui aussi. Les cantons organisateurs que sont Fribourg, Berne, Vaud et surtout le Valais ? Cela pourrait bien être le cas.

Berne a certes promis un milliard de francs, promesse faite par le Conseil fédéral et qui doit être avalisée par les Chambres. Le comité d’organisation assure par ailleurs que le CIO s’est, pour sa part, engagé à verser un demi-milliard pour couvrir les coûts. Le solde, qui consisterait essentiellement en investissements dans des infrastructures pérennes, devrait être assuré par les cantons et s’élèverait à 100 millions. Enfin, les organisateurs tablent sur du sponsoring.

Mais voilà, en cas de dépassement, qui assumerait la facture ? Pas la Confédération, elle qui a juré ne pas mettre un centime supplémentaire dans la balance. Pas le CIO non plus, lui qui ne l’a jamais fait. Restent donc les cantons et les communes, et donc leurs contribuables.

Or, en matière de maîtrise des dépenses, il reste beaucoup à faire pour convaincre les citoyens-contribuables que les promesses seront tenues.Qui assure que les budgets d’investissement seront tenus dans les clous ? Or, en la matière, les dérapages restent possibles en dépit de la modestie des investissements à consentir. Le premier projet de tremplin de saut à ski prévoyait une dépense nettement supérieure à celle du tremplin de la ville d’Oslo, répondant aux exigences olympiques, construit récemment dans un pays connu pour être particulièrement cher.

Il est à craindre que les organisateurs et les autorités responsables se laissent peu à peu aveugler par l’enthousiasme de la manifestation, les joies du sport, les records, les lumières des feux d’artifice… et oublient de contrôler leurs coûts.

Ce qui manque dans l’organisation, c’est un contrôleur indépendant. Pas un réviseur privé. Mais plutôt du genre du Contrôle fédéral des finances. Cela n’empêcherait pas quelques dépassements de se produire. Mais la simple perspective de contrôles séreux amènerait probablement les édiles concernés de faire attention.