Il n’est pas sûr que l’âge de la retraite des femmes puisse être relevé de 64 ans actuellement à 65, comme le prévoit la réforme de la Prévoyance 2020. Si le référendum, qui sera soumis au vote le 24 septembre, passe, cette mesure (comme les autres) visant à rééquilibrer les comptes de la retraite passera à la trappe… et tant pis pour la réalité des chiffres!
Et pourtant l’équation est simple: l’allongement de la durée de vie pèse de plus en plus lourdement sur les comptes des institutions de prévoyance (en plus de l’abaissement des rendements des placements et les taux négatifs), ce qui les contraint à prendre des mesures de plus en plus sévères pour les futurs retraités. Refrain connu.
Mais l’opposition, croissante semble-t-il, à la réforme, mélange beaucoup de choses, que ce soit une inégalité humaine criante comme entre l’écart salarial hommes-femmes, ou des questions plus étroitement techniques comme le taux de conversion. Mais qui a pensé au blocage psychologique que cette opposition alimente?
Tout relèvement de l’age de la retraite se heurte à un obstacle: les entreprises ne veulent plus de travailleurs âgés. Ceux qui perdent leur emploi à 55-60 ans n’en trouvent plus guère. Ils tombent ainsi au chômage, co-financé à parité par les entreprises et les employés. Mais après cette phase qui ne dure que deux ans, ils aboutissent généralement à l’aide sociale, laquelle est à la charge du contribuable. Et ils y restent bien plus longtemps…
Du point de vue des entreprises, il y a de la rationalité: plus l’ex-salarié est à l’aide sociale, mois il coûte cher à l’entreprise puisque la base de financement de l’Etat est plus large que celle des assurances sociales.
Mais ce calcul a un défaut: les gens, qui ne veulent pas se faire marginaliser aussi facilement, vont voter dans le sens de leurs intérêts: raccourcir le délai d’attente jusqu’à l’âge de la retraite, et tant pis si ce choix obère le financement de l’AVS et du 2e pilier!
Les entreprises disposent d’une clé pour déverrouiller cette situation: en surmontant une vision trop à court terme et en se montrant plus ouvertes vis-à-vis des travailleurs seniors, voire âgés. Dans les rapport de travail, ce sont elles qui détiennent le pouvoir. Un geste de leur part permettrait donc de restaurer la confiance des employés qui, redoutant moins la marginalisation en raison de leur âge, se montreront moins sceptiques face à l’élévation de l’age de la retraite.

 

PS: le dernier paragraphe a été récrit pour répondre à certaines observations justifiées sur le manque d’explications de la version précédente.