Inébranlable, la Banque nationale le martèle à chaque occasion: Sa politique faite d’interventions massives sur les marchés des changes et de taux d’intérêts négatifs (-0,75%) est là pour durer le temps qu’il faudra, notamment tant que l’euro reste faible. Il se pourrait, cependant, que cette détermination doive se soumettre à une réalité nouvelle.

Celle-ci s’appelle Donald Trump. Le président américain, tout à sa politique “America first”, ne cesse de tonner contre les pays manipulateurs de taux de change. La Chine est évidemment la première visée, mais d’autres pays risquent d’être concernés à leur tour, dont la Suisse. Celle-ci remplit déjà deux des trois critères retenus par le locataire de la Maison-Blanche: des interventions sur les marchés des changes dépassant 2% du PIB celles de la BNS atteignent 9%), un déséquilibre de la balance des paiements supérieur à 3% (la Suisse encaisse 10% de fonds de plus des Etats-Unis que l’inverse) et un déficit commercial d’au moins 20 milliards de dollars (La Suisse en est à 13 milliard, en progression rapide), selon une analyse de la Deutsche Bank relayée par le site Alphaville.

Afin d’éviter d’être visée par une rafale de tweets agressifs de la part du locataire de la Maison-Blanche et de subir le désagrément de mesures de rétorsions désagréables comme l’instauration d’une “border tax” de 20% anéantissant la compétitivité de ses exportations, la Suisse ne peut qu’agir sur les critères imposés par l’administration Trump. Et le plus évident, c’est le ralentissement, voire la fin des interventions sur les marchés des changes destinées à freiner la hausse du franc par rapport à l’euro.

La seule solution qui resterait à la BNS serait d’abaisser encore ses taux d’intérêt pour renchérir encore la détention de francs par rapport à l’euro et/ou au dollar. Avec les conséquences que l’on imagine sur la santé de la prévoyance professionnelle, des banques, et de l’économie dans son ensemble. L’avenir est lourd de menaces.