Mis en ligne le 25.09.2016 à 15:17

En 2050, on regardera d’un oeil tendre le refus de l’initiative pour une économie verte comme on s’amuse aujourd’hui de la succession de scrutins négatifs concernant le droit de vote des femmes dans les années 1950 et 60. Dans 35 ans, la gestion de ressources raréfiées semblera d’une évidence telle que le simple fait d’en contester le principe semblera tout aussi absurde que celui de priver une moitié de la population du droit de se prononcer sur les affaires publiques.

Le peuple suisse a donc manqué une occasion unique, à l’occasion du vote sur l’économie verte de ce week-end, de marquer une étape, d’indiquer clairement le chemin, et donc de prendre de l’avance sur les autres pays. Il a perdu une occasion de prendre un virage vers davantage de compétitivité économique. Tout cela pourquoi?

Parce qu’il a eu peur, peur de ces affiches qui lui promettaient la fin des voyages lointains et bon marché, du plaisir du shopping du samedi, voire du chantage à l’emploi. Face à l’inconnu, la peur est un réflexe bien naturel. Mais très éloigné de l’image de raison que se font les Suisses eux-mêmes. Les Suisses se sont donc reniés.

Dommage. Le texte proposé ne faisait que poser un principe général. Il laissait au Parlement le soin d’en fixer les détails. Or ce dernier n’hésite pas à modérer l’exigence constitutionnelle, comme on l’a vu avec l’application de l’initiative sur l’immigration de masse la semaine dernière.

Que va-t-il se passer? Du fait de la montée de la Chine, de l’Inde, du Brésil et de maintes autres puissances émergentes, les gisements de pétrole, de gaz, de métaux vont graduellement se tarir. Les prix vont monter, encourageant le recours à des solutions alternatives. Celles-ci arrivent: recyclyge, mobilité électrique, de source renouvelable, économie du partage. Rien de neuf. Mais autant de solutions où la Suisse n’a pas de leadership. Et qu’elle s’est privée du moyen d’en avoir, à cause d’un réflexe de peur.