Le monde de la finance a appris à “ne pas combattre la Fed”, comme le rappelle l’un de ses dictons favoris. Autrement dit: ne pas parier sur le fait que la banque centrale américaine capitulera devant une spéculation de grande ampleur. Il semble, au lendemain du vote britannique sur le brexit, que les banques centrales font désormais tout pour faire oublier ce principe.

En mi-journée du 24, les ministères des Finances et les banques centrales du G7 ont fait savoir qu’elles mettraient des moyens illimités pour éviter une volatilité exagérée sur les marchés des changes. Lire: empêcher un plongeon de la livre sterling déstabilisateur pour l’économie mondiale. La Banque d’Angleterre a même été plus explicite: elle met “plus de 250 milliards de livres” sur la table pour assurer la stabilité de l’ensemble.

De tels communiqués visent un premier objectif: donner un signal clair aux marchés afin que ces derniers ne s’égarent pas dans des scénarios apocalyptiques. Mais ils en livrent un second aux spéculateurs: tester les limites des interventions publiques. Or, une limite a été donnée, le montant de l’intervention de la BoE. Que se passera-t-il si les hedge funds et autres profiteurs de catastrophes financières la testent jusqu’au bout? Que se passera-t-il si le mécanisme de solidarité mis en place par les six grandes banques centrales au monde – dont la BNS – ne suffit pas?

C’est là que débutera la vraie catastrophe. Celle que les marchés redoutent depuis la crise de 2008 et que les banques centrales concourent à préparer tout en cherchant à la contenir par les diverses injections géantes de liquidités. Le Brexit sera peut-être le prétexte à l’armageddon financier que personne ne souhaite voir.