Dans le bouillon boursier et pétrolier de ce début d’année quelques valeurs auraient dû émerger. Des valeurs d’excellente réputation ou qui se prétendent telles: l’or et le Bitcoin. La première, pour son rôle traditionnel de refuge durant les phases de crise. La seconde, certes beaucoup plus spéculative, mais censée remplacer les monnaies de papier traditionnelles.

Toutes deux se renforcent. L’or approche les 1100 dollars l’once en cette fin de mois de janvier après s’être approché dangereusement de la barre des 1000 l’automne dernier. Le second est sorti à la fin de l’an dernier de la longue période de stagnation autour de 250 dollars le Bitcoin qu’il a connue en 2015 et a franchi le niveau de 400.

A y regarder de plus près, ces évolutions ne sont pas si réjouissantes que cela. L’or a mis beaucoup de temps à réagir à la faiblesses des bourses, puis à leurs chutes. La crise a débuté fin août après le krach chinois du 24 du même mois. Depuis lors, l’indice SMI des grandes valeurs suisses a perdu près de 15%. Or, le métal jaune n’a cesser de baisser qu’à la mi-décembre, quatre mois après! Son gain reste modeste depuis lors: 5% environ. La hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis exerce une puissante concurrence. Elle attire les capitaux à la recherche de rendements dans des actifs libellés en dollars et non pas en or, qui,comme chacun le sait, ne verse aucun dividende.

Le Bitcoin a certes réagi plus tôt mais il connaît des mouvements de yoyo qui témoignent bien de la défiance qu’il continue de susciter dans le marché. Défiance alimentée encore par une déclaration de Mike Hearn, l’un de ses pères, assurant que cette cryptomonnaie est vouée à l’échec! Certes, Hearn a rejoint les grandes banques, qui tentent d’appliquer le blockchain, la technologie du Bitcoin, à leur profit. Mais soyons honnêtes: peut-on davantage employer cette devise pour ses achats quotidiens qu’il y a deux ans? Marginalement, tout au plus. Son utilisation reste confidentielle.

La hausse de l’or depuis six semaines, du Bitcoin depuis trois mois, ne marquent donc pas la renaissance de deux réserves traditionnelles de valeur. Tout au plus traduit-elle le désarroi des marchés, à la recherche de nouveaux équilibres.