Elle semblait prometteuse, cette année 2015, pour les marchés boursiers. Le lancement du quantitative easing européen en janvier et le renforcement de la croissance américaine promettaient des indices en hausse, alimentant les craintes de krach. A tout bien regarder, ni l’un ni l’autre ne s’est produit. Les marchés n’ont pas chuté, fors la Chine le 24 août. Et les indices terminent l’année là où ils l’ont commencée, moyennant quelques variations minimes, même si le printemps européen paraissait prometteur.

Attention, danger. Ce genre de phase d’hésitation peut certes annoncer une vigoureuse reprise des marchés, soutenue par la reprise de la croissance en Europe et sa poursuite aux Etats-Unis. Elle peut aussi anticiper un effondrement.

Les signes avant-coureurs de l’inquiétude des marchés sont discrets mais le site Zero Hedge en a identifié deux. Les banques se sont soudainement moins fait confiance ces derniers jours, ce qui s’est traduit par une brusque tension du TED Spread, qui mesure l’écart entre les taux d’actifs sans risque américains (les bons du Trésor) et les taux du marché interbancaire. Qu’est-ce qui peut donc alimenter cette nouvelle nervosité?

Le second indicateur est peut-être encore plus alarmant: jamais les investisseurs professionnels n’avaient autant parié sur une baisse prochaine des cours boursiers. Les traders sur les titres composant l’indice SP 100, qui rassemble les 100 plus grandes sociétés américaines (plus restreint donc que le SP 500, qui en rassemble 500), vendent 3,3 fois plus d’options à la vente (options “put”) que d’options à l’achat (options “call”). Un niveau extrêmement élevé. En moyenne, ce ratio tourne plutôt aux alentours de 2.

Va-t-on vers un krach en début d’année 2016, comme en 2000? Cette année-là, les indices s’étaient brusquement effondrés début janvier avant de se redresser en février, pour partir à nouveau vers le bas en mars. C’était ce que l’on a appelé la fin de la bulle des dot-coms, alimentée à la fois par l’enthousiasme liée à la découverte de myriades d’applications liées aux technologies de l’information et des taux d’intérêt historiquement bas (déjà).

Certes, les marchés ne vivent plus le même enthousiasme. Mais les valorisations sont devenues si extrêmes que le krach chinois du 24 août les a sérieusement ébranlées. N’était-ce que le début du côté obscur des forces destructrices des marchés? Peut-être pas. Mais les les signaux faibles ne plaident pas pour l’optimisme.