Si Angela Merkel a étonné la planète entière en ouvrant les frontières de l’Allemagne aux migrants, si son geste a été largement salué comme la réponse de Berlin à une démographie allemande difficile, un autre pays européen se félicite de sa générosité, la Suède.

Le royaume scandinave, on le sait, a accueilli des réfugiés plus que n’importe quel autre pays européen ces dernières années, si l’on mesure cet accueil par rapport à la population totale. Certes, les Suédois ne craignent pas les étrangers. Ils se montre traditionnellement ouverts.

Mais la Suède sait ce qu’elle va en retirer. Une nouvelle jeunesse, des forces nouvelles qui vont alimenter son économie, créer des emplois, de la valeur. Ces nouveaux venus, il faut les loger. Or, le pays manque de toits. Il faudra donc en construire, vite et massivement. Les migrants vont aussi consommer. Les supermarchés, les vendeurs de voitures, de matériel électronique s’en réjouissent déjà. Ils vont, enfin, chercher un emploi. Les entreprises suédoises, qui connaissent déjà une forte demande, seront trop heureuses de les leur en offrir.

Dans l’ensemble, cela devrait fortement contribuer à la croissance économique, déjà soutenue. Aux 2% actuels, ajoutez 1% supplémentaire! Cerise sur le gâteau, cette accélération de la croissance économique devrait générer de l’inflation, que cherche désespérément à stimuler la banque centrale, sans grands résultats: +0,2%.

Bien sûr, la Suède, comme l’Allemagne, a annoncé le rétablissement du contrôle à ses frontières. Elle est juste débordée, ses infrastructures d’accueil sont dépassées. Mais il faut relativiser cette mesure: Débarquant à l’aéroport de Stockholm, on ne voit pas le moindre douanier.

De plus, le pays a compris que cette immigration, certes surprenante par sa soudaineté et son caractère massif, est une immense chance. L’occasion de relancer notre vieux continent, fatigué de son vieillissement, et qui peine à se relever de la dernière crise.