Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, et son ministre des Finances Yanis Varoufakis peuvent clamer autant qu’ils veulent leur volonté de rester dans la zone euro. La décision vient de leur échapper définitivement. En rejetant – selon les projections de ce dimanche soir – la proposition de l’Eurogroupe, les électeurs grecs se sont mis hors-jeu de la monnaie unique. Qui voudra leur avancer le moindre sou désormais?

Le président américain Barack Obama et les économistes qui lui sont porches Lawrence Summers et Jo Stiglitz peuvent lancer tous les appels pour le maintien du pays dans la zone. On peut s’interroger si ces louables préoccupations ne sont pas davantage dictées par l’intérêt géostratégique de ne pas trop affaiblir la Grèce, pilier de l’OTAN non loin de la Syrie, que pour sauver le porte-monnaie de ses habitants. Ou alors, à eux d’inciter le FMI, où ils sont si bien entendus, d’avancer des nouveaux milliards en dépit du défaut de paiement du 30 juin dernier.

Cela dit, les dirigeants européens savent que pour faire face à la tempête qui se lève, ils doivent désormais répondre aux aspirations des peuples, appauvris pour la moitié d’entre eux, rendus sceptiques pour l’autre moitié, face aux manquements de l’union économique et monétaire. Il est désormais évident que l’on ne peut plus laisser chaque pays à la merci de son gouvernement pour faire entrer des économies très différentes dans le moule du traité de Maastricht.

Questions de compétences des politiciens en charge, mais aussi de la maigreur des instruments à disposition des eurocrates responsables de la stabilité du système. Si la Suisse avait dû répartir gains et sacrifices de sa propre union économique et monétaire come l’UE, pas sûr qu’elle ait survécu.

La réponse sur le long terme – lorsque le sort de la Grèce sera définitivement scellé, très certainement dehors – c’est donc la mise en place de davantage d’amortisseurs sociaux pour compenser les rééquilibrages financiers et fiscaux. Pour aider à la création d’entreprises, pour éviter que le quart d’une population active ne soit condamnée au chômage, pour que l’Europe ne se prive plus des forces jeunes, pour que l’idée même d’Union européenne ne soit plus assimilée à une terreur de l’argent.

Tout ceci s’appelle un approfondissement de l’intégration européenne. Un vaste chantier pour l’Europe de demain.