Y a-t-il encore un espoir de tirer un quelconque rendement d’un placement de nos jours? Après cinq ans de répression financière, l’introduction annoncée de taux d’intérêt négatifs par la BNS semble enfoncer le clou. L’épargnant moyen doit-il abandonner définitivement toute idée de toucher quoi que ce soit?

S’il ne mise que sur son compte d’épargne, c’est un espoir qu’il peut oublier. Avec de la chance, il touche un intérêt misérable de 0,25%, souvent de 0,1%, parfois de 0,00000% s’il n’a qu’un compte salaire. Qui font évidemment tous l’objet de frais bancaire. Ni avec des placements obligataires sans risque. Prêter à la Confédération à 10 ans, c’est pire qu’un compte d’épargne: le rendement n’est que de 0,23%. Et il y a des coûts de transaction, des droits de garde, etc. Inutile même d’y songer, c’est un placement pour caisses de retraites qui ne peuvent pas faire autrement.

Restent les actions. Pour autant que l’on pense qu’elles ne plongeront pas dans les prochaines semaines, après avoir perdu 10% en moyenne depuis octobre. Il y a quelques idées à creuser, à la condition de ne pas parier uniquement sur d’éventuelles hausses de cours et de se concentrer sur les rendements des dividendes. On y trouve quelques perles, qui redonnent goût au placement à long terme.

Rien que dans les grandes valeurs suisses, le plongeon de Swisscom (-8% juste avant Noël) donne de la couleur au dividende: 2,74%! Mais l’été dernier c’était mieux, ce rendement flirtait avec les 3%. Pas mal, pour un titre étatique (Swisscom appartient toujours à 2/3 à la Confédération).

Mais il y a mieux: Credit Suisse offre 2,79%; Adecco 2,97%; ABB 3,39%; et, au sommet de la pyramide, Zurich Insurance Group promet du 5,58%. De quoi donner à l’actionnaire le sentiment d’investir dans un hedge fund!

Attention quand même. Ces taux sont basés sur les paiements des dividendes de cette année, basés sur les résultats de 2013. Cela ne sera peut-être pas la même chose pour 2014, dont les résultats seront publiés entre la fin janvier et avril 2015. Ainsi, Zurich Insurance Group a déjà prévenu d’un rétrécissement de ses marges. Quant à voir si cela impactera le dividende, c’est encore à voir.

Amis investisseurs, nous vous souhaitons beaucoup de plaisir.