Les événements se précipitent sur les fronts boursiers et des changes depuis le début du mois de décembre. Le pétrole a perdu près de la moitié de sa valeur de septembre, le rouble plus de 20%, et la livre turque semble engagée dans la même spirale baissière. On en viendrait presque à oublier les secousses des bourses, qui ont plongé de 5 à 10% ces trois dernières semaines.

Que de tels événements surviennent la semaine précédant les vacances d’hiver est surprenant. En d’autres temps, cette période de l’année était plutôt haussière sous le surnom de « rally de Noël », comme si nous vivions un monde de bisounours. Mais la chute des prix du pétrole, la persistance de signes de fragilité des économies de la zone euro et le manque de tonus de pays importants comme l’Inde et le Brésil ne rassurent pas des investisseurs nourris depuis des mois à la crainte du gonflement d’une bulle des actifs financiers sous l’impact de politiques monétaires ultra-expansives.

Ces inquiétudes risquent de n’être qu’un avant-goût de ce que nous réservent les premiers mois de 2015. Comment les marchés financiers vont-ils digérer le grand rééquilibrage entre l’euro et le dollar qui se profile? Le premier est promis à la dépréciation sous l’effet de la politique monétaire ultra-expansive annoncée – après des années de patience! – par la Banque centrale européenne. Les taux, au plancher, vont inciter les investisseurs à aller placer leurs fonds ailleurs. Aux Etats-Unis par exemple, où la Fed, satisfaite des résultats de sa propre politique de soutien, s’apprête à durcir ses propres conditions et à relever ses taux, peut-être déjà au premier semestre.

Dans l’immédiat, cette crise touche déjà les économies les plus fragiles et les plus déséquilibrées, celle de la Russie et de la Turquie. La première e raison des sanctions, la seconde à cause de son haut niveau d’endettement malgré une croissance encore soutenue. Le passé a montré l’impact dévastateur sur l’économie mondiale que peut avoir le plongeon dans la crise de deux grandes économies émergentes. Il serait encore plus grand si d’autres pays, l’Inde, la Chine et le Brésil, aux énergies faiblissantes et aux systèmes financiers mal assurés, basculaient eux aussi dans la crise. La grande crise financière de 2008 et celles qui ont suivi ont enseigné au monde les désastres qu’entraînent les contagions.

Meilleurs voeux pour les Fêtes.