“Vous allez en Ethiopie? Vous n’avez pas peur d’ebola?” Question standard posée à celui qui s’apprête à voler vers Addis Abeba. Une question qui trahit surtout l’ignorance de celui qui la pose et la force des préjugés qui perisstent sur ce pays. L’Ethiopie est aussi éloignée de la zone de l’Afrique affectée par ce terrible virus que ne l’est la Suisse. C’est comme si l’on vous demandait si, en Suisse, vous n’êtes pas effrayé par le conflit en Ukraine.

Ce que l’on découvre à Addis Abeba, c’est une capitale en plein boom, où les gratte-ciel poussent comme des champignons, où les rues sont un chaos indescriptible à cause d’une circulation qui explose et des chantiers innombrables. Où les zones industrielles ne cessent de s’étendre et où les journaux annoncent régulièrement de nouvelles implantations. Bref, un marché émergent, un vrai.

Avec ses problèmes, nombreux: La corruption (114e au classement de Transparency), la répression (tout le monde vous prévient de la police secrète), l’inégalité criante entre les happy fews et les autres, le maldéveloppement. Et encore, je n’ai pas vu le reste du pays.

Mais ce pays n’est plus celui de la famine des années 1980 ni de la guerre civile ni des épidémies ravageuses. Il est temps de réviser fondamentalement notre vision de l’Afrique subsaharienne.