UBS va se sentir moins seule dans le club des grandes banques internationales qui ont fait une croix sur leurs ambitions dans l’investment banking. Barclays, numéro deux britannique, pourrait bientôt la rejoindre, si l’on en croit le Financial Times.

Barclays, c’est non seulement la deuxième plus importante banque britannique après HSBC, c’est non seulement une tour spectaculaire du quartier de Canary Wharf, dont la vue sur les quartiers est de Londres est à couper le souffle, c’est aussi l’établissement qui avait tenté de faire son grand bond en avant sur les ruines de Lehman Brothers, dont elle avait repris les activités principales lors de la faillite spectaculaire de l’établissement américain le 15 septembre 2008.

Mais aujourd’hui la facture est là: l’établissement est englué dans les mêmes scandales qu’UBS (Libor, changes) et a vu sa rentabilité chuter à tel point qu’il vaut mieux pour un investisseur de placer ses billes dans une bonne vieille entreprise industrielle allemande que dans la banque d’affaires de Barclays. Le négoce des obligations, pilier de l’investment banking, a vu ses volumes d’affaires chuter d’un quart l’an dernier.

Mais Barclays, comme UBS, a été lente à accepter la réalité. Son CEO actuel, David Jenkins, est en poste depuis 18 mois déjà, arrivé à son poste après que son prédécesseur Bob Diamond ait été poussé dehors à cause de son implication dans le scandale de la manipulation du Libor. En Suisse, la banque de la Bahnhoftrasse avait même réfléchi plus longtemps, de la fin 2007 à la fin 2011, avant de tirer les conséquences de ses errements dans les subprime.

La banque d’affaires style “Loup de Wall Street”, c’est pourtant une activité du passé. Les règlementations sont devenues plus sévères, les bonus mieux encadrés, la dépendance des grandes banques envers les banques centrales s’est aussi accentuée, ce qui les rend plus dociles. Bien sûr, l’ambiance western n’a pas disparu des salles de marché, loin s’en faut. Mais les marchés se sont à quelque part émasculés depuis la crise.Et tout cela a des conséquences sur le business qu’ont décrites des experts, comme le professeur Charles Murphy de Stern School (New York University) mais que les grands CEO n’ont pas encore tous acceptées.

Il en va de la banque d’affaires comme du secret bancaire, et de toutes ces activités qui se sont transformées en rentes de situation faute d’encadrement et de réglementation: les dirigeants n’arrivent que sous d’extrêmes pression à admettre que l’âge d’or a une fin.