Dans un entretien accordé à L’Hebdo, la conseillère fédérale jugeait raisonnable le scénario d’une application en Suisse de l’échange automatique de renseignements fiscaux tel que défini par l’OCDE en 2018.

Il pourrait fort bien survenir bien plus tôt. Dans une interview au Tages Anzeiger, le président du Parti socialiste Christian Levrat exige cette introduction en 2015 déjà. Soit en même temps que le Luxembourg et de beaucoup d’autres pays. Même l’ASB ne semble pas croire à un délai éloigné, elle qui plaide pour un délai de deux ans, soit 2016. Bref, dans cette configuration, le scénario de la cheffe du DFF paraît particulièrement mielleux.

Et encore, ces projections ne prennent pas en compte l’avis des gouvernements étrangers. Or, il semble bien peu probable qu’ils tolèrent un délai prolongé avant que la Suisse n’applique l’échange automatique, eux qui se sont donnés tant de peine pour faire plonger le secret bancaire. Une arme parmi tant d’autres: la Suisse figure toujours sur la liste grise du Global forum sur l’échange de renseignements et pourrait bien le rester tant qu’elle ne sera pas « fully compliant » avec le modèle présenté par l’OCDE le 13 février.