Il ne représente qu’une part lilliputienne des marchés des changes et des transactions commerciales. Mais il est dans toutes les têtes. Le bitcoin, car c’est de lui qu’il, s’agit, a réussi un premier pari, fou: occuper le terrain réservé aux principales devises internationales, du moins dans les têtes.

Et pas uniquement celles d’un public à la fois blasé de la crise et de ses conséquences, et amusé par l’arrivée de cette monnaie trouble-fête. Mais aussi celle de distingués experts académiques, qui additionnent les études à son sujet, et celles d’investisseurs professionnels qui ne sont pas encore revenus de la soudaine poussée de fièvre de l’automne dernier, qui a vu la valeur de cette monnaie de singe sextupler face au dollar.

L’autre soir, lors d’un débat sur des stratégies d’investissement tenu à Genève et modéré par votre serviteur, le bitcoin a occupé une part du temps de parole inversement proportionnelle à son importance économique et commerciale! Et pourquoi? « Le buzz », « l’attrait de la nouveauté », « l’absence de contrôles sur ses transactions, qui attirent toutes sortes d’intervenants aux intentions plus ou moins claires », etc. Certes, on sait que la recette de cette monnaie échappe aux banques centrales, qu’elle est appréciée des chinois et qu’elle séduit tous ceux qui n’aiment pas les contrôles.

Mais surtout, comme l’a souligné, lors de ce débat, le journaliste Eward Hadas, de Breakingviews, cette monnaie de singe doit son succès à deux intervenants principaux: les spéculateurs et les malfrats, Et qu’il doit y avoir beaucoup de croisement entre les premiers et les seconds.

Toujours fascinés?