L’une des conséquences amusantes de la transformation des trois plus grandes banques privées genevoises, Pictet, Lombard Odier et Mirabaud, en sociétés en commandite par actions, est d’assister à la transformation des anciens associés en administrateurs. Leurs collèges des associés se transforment en conseils d’administration, avec président, vice-président etc. Ainsi, nous avons Jacques de Saussure, ancien associé senior de Pictet & Cie devenir président du conseil d’administration de Banque Pictet & Cie SA; Patrick Odier, ancien associé senior de Lombard Odier & Cie, accéder au rang de président de Banque Lombard Odier & Cie SA, flanqué, à la vice-présidence, de Thierry Lombard, incarnation même du banquier privé genevois; et enfin, Yves Mirabaud préside désormais le nouveau conseil d’administration de Mirabaud & Cie SA après avoir été le senior partner de Mirabaud & Cie.

 

De même, ces trois établissements – peut-on encore parler de “Maison”, comme elles aimaient se désigner jusqu’à la fin de l’an passé, lorsqu’elles étaient encore régies en sociétés en commandites? – ont élargi leurs nouveaux conseils d’administration selon un modèle proche les unes des autres: un banquier et un expert. Pictet s’est adjoint Hans Isler, ancien de EFG, et Romain Marti, ancien de la Commission fédérale des banques (actuellement la Finma); Lombard Odier a fait appel à l’ancien patron de HSBC Suisse Alexandre Zeller et du membre de la Commission des OPA Henry Peter ; et Mirabaud a fait venir le directeur du Centre de droit bancaire et financier de l’Université de Genève Luc Thévenoz et une avocate zougoise, Suzanne Wettenschwiler.

 

Ces nominations sont, comme très souvent, la conséquence de relations anciennes. Mais elles permettent à de nouvelles personnes d’accéder au coeur du pouvoir financier genevois. Anciennement, lorsqu’ils n’était constitués que d’associés, les collèges des banques privées réunissaient presque exclusivement des représentants des anciennes familles patriciennes ou de leurs alliées. Le jeu s’était progressivement ouvert ces deux dernières  décennies avec l’accueil, au collège, de cadre très méritants. Mais cette ouverture s’est encore accélérée avec la profonde réforme qu’ont entreprises les trois grands établissements de la cité de Calvin.