Il fallait voir la tristesse, voire l’amertume sur le visage de Paolo Vanini, responsable du transfert de technologie pour le Swiss Finance Institute, lors d’une interview à Zurich en mai dernier. Ce gourou de l’innovation financière en Suisse se désespérait de voir les banques penser à une activité plus créative que la défense du secret bancaire et l’apprentissage accéléré des nouvelles règles financières.

Peut-être est-il heureux de lire en page 4 du Wall Street Journal de ce lundi 9 septembre un article mettant en avant les quelques innovations que l’industrie est en train de pousser: entre les prêts directs des grands assureurs internationaux comme Prudential à des projets d’infrastructure et la création de plate-formes de crowdfunding pour financer des PME, voire des hypothèques.

Cela se passe au Royaume-Uni. En Suisse, rien de tout cela, en dépit du fait que le financement des infrastructures et le modèle participatif figurent depuis l’an dernier parmi les priorités stratégiques de la place financière définies par l’ASB. Mais nos banques ont encore la tête ailleurs.

Mais contrairement au Royaume-Uni, elles n’ont pas de réels problèmes de refinancement. Elles accordent chaque année davantage de prêts, surtout hypothécaires, au risque de gonfler encore la bulle des prix de l’immobilier et de susciter encore plus de mesures restreignant l’accès à la propriété. C’est ça, l’abondance. C’est très bien pour la vie quotidienne, ça rassure, mais ça ne stimule pas l’innovation.

Et pourtant, elles seraient bien inspirées de sortir des sentiers battus et de prendre quelques risques. Il en va de leur compétitivité. Et du bien de l’économie du pays dont elles tireront leur prospérité future.