L’encre de la signature de l’accord bancaire avec Washington à peine sèche, c’est vers Bruxelles que se tend toute l’attention de Berne. Le conflit fiscal avec l’UE est d’une amplitude bien plus grande avec l’UE qu’il ne l’était avec l’Oncle Sam, et avec des conséquences beaucoup plus immédiates pour l’ensemble de la Suisse et de son économie.

Ce sont donc deux spécialistes des réalités communautaires que Berne a nommés pour piloter le dossier. Aymo Brunetti, confirmé dans son rôle de stratège en chef pur dessiner les grands traits de la politique future de la Confédération en matière de place financière a présidé le groupe de travail préconisant d’échanger la fin du secret bancaire suisse contre l’accès au marché unique. Jacques de Watteville a dirigé la Mission suisse dans la capitale belge à l’époque des Bilatérales II, celles qui ont abouti notamment à l’accord sur la fiscalité de l’épargne.

Avec ces deux experts, particulièrement le second, la Confédération mise sur des profils de généralistes avec ce qu’il faut de connaissance technique des dossiers au détriment de purs techniciens. Cela vaut mieux, car face à la guerre civile que se livrent les banquiers entre eux sur la question du secret bancaire, le dossier a plus besoin que jamais d’un pilotage ferme.