En avril 2009, les Suisses, sous le feu des attaques contre leur secret bancaire, avaient durement ressenti l’absence de Hongkong de la liste des places financières insuffisamment coopératives. Cette absence est désormais comblée par la signature par Pékin d’une convention internationale à laquelle la Suisse est encore absente: la Convention multilatérale concernant l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale.

Ce texte, élaboré à la fin des années 1980 pour aider les pays émergents à répondre aux demandes des pays développés, et durci à l’automne 2011, prévoit les échanges spontanés d’informations fiscales entre pays et ouvre la voie aux échanges automatiques.

Autrement dit, par sa signature, la Chine coupe l’herbe sous les pieds des détracteurs helvétiques de la coopération internationale contre la fraude fiscale. Elle est le 56e Etat signataire de cette convention, aux côtés notamment de tous les pays membres du G20, sorte de directoire mondial.

La pression va donc s’accroître sur la Suisse pour qu’elle accède au plus vite à ce cercle, où se définissent les standards de coopération fiscale internationale. Pour qu’elle y accède, elle doit se mettre en règle avec les dispositions existantes. Le Conseil fédéral n’a pas fini de se faire accuser d’à-plat-ventrisme devant l’étranger.