Personne n’y a vraiment prêté attention hormis certains spécialistes: pour la première fois depuis deux ans, une obligation à 10 ans de la Confédération rapporte plus de 1%. Il y a six mois encore, elle en rapportait à peine la moitié (entre 0,5% et 0,6%).

Cette brusque remontée n’est pas sans conséquences pour les emprunteurs hypothécaires et pour les caisses de retraite. Les premiers, s’ils fixent leurs crédits maintenant, vont payer plus cher pendant longtemps. Les secondes, en revanche, peuvent cesser de se plaindre de l’absence de rendement de leurs placements: ces derniers ont soudainement bondi, ce qui fera beaucoup de bien à l’équilibre fianncier des caisses de prévoyance.

Cette hausse des rendements résulte des craintes globales face au ralentissement conjoncturel en Asie et à la perspective de la fin prochaine des programmes d’assouplissement de la Fed. Mais il n’est pas sûr que ce niveau élevé se maintiennent très longtemps, surtout si la crise européenne se rallume cet été. Le franc suisse garde toute sa vertu de valeur-refuge, ce qui fait mécaniquement baisser les rendements obligataires.