La semaine passée, Jean-Pierre Danthine, vice-président de la Banque nationale, tentait quelque peu de calmer l’euphorie hypothécaire qui continue de saisir les banques commerciales et les amène à multiplier les prêts immobiliers, quitte à être dans une situation délicate le jour où le marché se retournera.

Mais un autre risque pèse sur le système bancaire helvétique. Celui de réserves pas aussi solides qu’on le pensait. Le Conseil de la stabilité financière (CSF), qui rassemble les grands gendarmes financiers et banquiers centraux des principales puissances financières mondiales, dont la Suisse, s’est penché sur la réalité des banques helvétiques. Et elle n’est pas aussi rose qu’on le pensait.

D’abord, le modèle appliqué par les banques commerciales entretient quelques différences significatives avec les règles internationales, dites de Bâle III. Mais c’est encore bénin. Les petites banques suisses recèlent des risques bien plus importants. Le modèle simplifié typiquement helvétique qu’elles emploient pour calculer leurs besoins de fonds propres n’a pas été jugé conforme à Bâle III. Et il aurait même pu disqualifier la place financière dans son ensemble si la Finma n’avait pas décidé, en cours d’examen par le CSF, de mettre fin à ce modèle simplifié à l’horizon 2018.

La place financière prend plaisir à rappeler régulièrement combien elle a réagi plus tôt et plus fort que les autres à la crise financière et en sort avec une meilleure assise financière. C’est vrai. Mais pas autant qu’on le pensait.