Lorsque le cours de l’or s’est effondré mi-avril, les marchés, une fois sortis de leur stupeur, ont désespérément cherché des raisons. Ils en ont trouvé plusieurs, allant du retrait progressif des hedge funds à l’annonce de ventes massives par la banque centrale chypriotes, mais sans toucher à l’essentiel. En fait, c’est le rôle de valeur-refuge du métal jaune qui a disparu. L’or n’est plus cette valeur sûre, intangible, que l’on s’arrache quand tout va mal, il est redevenu un métal (presque) comme les autres.

C’est donc à l’explosion d’une bulle que l’on a assisté. Comme celle d’Apple, qui est revenu à son cours d’il y a deux ans après avoir perdu 40% de sa valeur. Parce que les investisseurs n’ont plus avec Tim Cook ce sentiment de sécurité absolue que leur donnait encore feu Steve Jobs et ses appareils électroniques si géniaux. Et on risque d’en voir d’autres: les autres matières premières, les actions américaines, les emprunts souverains lorsque les banques centrales décideront de s’en retirer, etc.

Et que se passera-t-il en Susse lorsque la bulle de peur du secret bancaire aura explosé? La toute fraîche conversion de l’ASB à l’échange automatique d’informations fiscales ouvre une nouvelle ère. Certes, ce n’est pas pour demain et les banques auront largement le temps de s’y adapter, lorsque ce n’est pas déjà fait. Mais l’effondrement définitif du mur du secret pourrait mettre un terme à la crispation de la place financière suisse sur la question de la protection de la sphère privée. Et libérer les esprits, les rendre enfin plus ouverts à l’aventure, plus inventifs. Pour rendre les financiers aussi innovants que tous les autres entrepreneurs de l’économie réelle.