Inflation, où es-tu? La Banque nationale a beau la chercher, elle ne la trouve pas. Elle ne la trouve tellement pas qu’elle a même dû abaisser ses prévisions de hausse des prix pour ces deux prochaines années dans sa dernière “appréciation de la situation économique et monétaire” publiée ce jeudi 14 mars. Pour résumer, les prix baisseront encore cette année (-0,2%). Ils se redresseront certes l’an prochain, mais dans une marge si minime (+0,2%) que cela ne vaut même pas la peine d’en parler…

Une banque centrale ne détermine certes pas les taux de rendement des emprunts de longue durée (obligations de la Confédération, (etc.), mais les conditions qu’elle pose exerce mécaniquement un effet sur cette partie du marché de l’argent. Aussi, l’absence de perspective nette de reprise de l’inflation maintient, et pour un, voire deux ans encore en absence de crise aiguë de la zone euro, les taux longs à des niveaux fort bas.

Bref, ce sont tous ces propriétaires immobiliers, qui se sont précipités sur les prêts hypothécaires à dix ans à des taux “historiquement bas”, voisins de 2,2 à 2,4% en moyenne, qui se retrouvent pris au piège de leurs contrats. Pensant se couvrir contre une hausse brutale du loyer de l’argent, c’est une mauvaise surprise qui les attend: celle d’être scotchés à des prêts finalement pas si bon marché que cela alors que le coût d’un emprunt à plus court terme – certes plus risqué – reste désespérément au plancher.

Moralité: il vaut toujours la peine d’attendre encore un peu. Quitte à se mordre les doigts au cas où un événement inattendu rendrait obsolète tout ce qui précède.