La crise est derrière nous, affirmait début janvier José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. La hausse des valeurs boursières va encore se poursuivre, ont surenchéri les prévisionnistes bancaires. Ce début d’année a marqué un retour prononcé de l’optimisme dans la manière de considérer l’avenir. Marre de toutes ces années de crise, de noirceur. Sur la bae de quelques indicateurs, les milieux économico-financiers ont acquis la conviction que, désormais, l’avenir allait être de plus en plus rose.

Mais en sont-ils si sûrs? La chute de 5% de la Bourse italienne au lendemain de l’élection parlementaire transalpine fin février a largement contredit cette nouvelle vision d’avenir. Et cet avertissement boursier n’était pas le premier: la semaine précédente, les marchés financiers avaient déjà subi un heurt sérieux, à savoir une chute de 2% des principaux indices boursiers sur la base de la simple suspiscion que la Fed, la banque centrale américaine, pourrait remonter ses taux d’intérêt plus vite que prévu, soit avant 2015… tout cela parce que la question avait été soulevée lors d’une réunion du conseil des gouverneurs, dont le compte-rendu a été publiés fin février.

Dans ce dernier cas, il a suffi à son président Ben Bernanke d’asséner quelques déclarations bien carrées sur le “soutien absolu” de la banque centrale en faveur du redressement de l’économie américaine pour que les esprits se calment. Mais la crise italienne, c’est autre chose. Qui, à Rome, peut se prévaloir de la même crédibilité: Silvio Berlusconi? Beppe Grillo?

Au-delà de l’Italie, de l’accroissement du risque qu’elle fait peser sur la zone euro et de la perspective (toujours très lointaine) d’un redressement des taux d’intérêt aux Etats-Unis, les à-coups des marchés de cette fin février mettent en lumière le peu d’adeptes du nouvel optimisme officiel.

Certes, on peut croire, comme on aime à le dire à la Commission européenne et dans les banques, que le pire est derrière. Mais personne n’est dupe: les vrais problèmes, ceux qui ont amené l’Europe et les Etats-Unis au bord du gouffre (surendettement, croissance molle, voire nulle, manque de détermination à mettre en oeuvre des solutions), sont encore loin d’être réglés.