La Grèce, on l’avait un peu oubliée. Contrairement aux prévisions de l’été dernier, elle n’a pas suscité de nouvelles secousses financières cet automne, si bien que les marchés sont restés assez calme avec, pour corollaire, une légère reprise des placements en action et une petite baisse des avoirs dans les fonds monétaires.

En fait, le sort de la dette de ce pays paraît scellé: ce sera un nouveau défaut partiel. Les économistes ont admis l’impossibilité pour ce pays de continuer avec une décroissance annuelle moyenne de 4 à 5% du PIB et une dette qui ne cesse d’enfler alors que le pays se consume à chercher à la réduire. Reste juste à clouer le cercueil. Les planches sont déjà assemblées.

Ce ne sera pas si compliqué. Les banques centrales (surtout la BCE) ont accumulé des obligations grecques. Si elles les annullent, l’effet sur leur bilan ne sera pas catastrophique. Les banques commerciales, elles, se sont débarrassées de leurs actifs les plus risqués. Une banque française s’est même défaite de sa participation locale pour un euro, le prix pour se débarrasser du risque! Enfin, les banques commerciales grecques disposent désormais de leur ligne de vie, un apport permanent de liquidités assuré par la BCE. Même le FMI, dans un papier récent, préconise le défaut partiel, pour permettre un nouveau départ au malade chronique.

Quand cette étape se produira-t-elle? Là est la vraie question. Peut-être lorsqu’une solution sera trouvée pour sécuriser une aide à Madrid sans contraindre Rajoy de la demander. Afin d’éviter que l’annonce d’un défaut grec déclenche une nouvelle panique qui risquerait d’emporter, cette fois, la dette espagnole.