La déception des marchés financiers se lit sur les cours de bourse. Jeudi après-midi, ces derniers baissaient de 1% en moyenne après le refus par la Banque Centrale Européenne d’intervenir massivement en rachetant toutes sortes de titres de dette. La veille, la Fed américaine avait exclu dans l’immédiat un nouvel assouplissement monétaire, le 3e du genre.

Les deux plus puissantes banques centrales occidentales ont donc refusé de suivre la voie qu’espéraient les marchés financiers, renvoyant la responsabilité du règlement de la crise aux dirigeants politiques européens: assainissez vos finances, restructurez le fonctionnement de vos économies, ont-elles dit. Des propos immédiatement repris par l’Italien Mario Monti et l’Espagnol Mariano Rajoy, de toute évidence motivés avant tout par la nécessité d’éviter une trop forte pression sur leurs pays respectifs.

Mais entre le Premier ministre italien sans réelle majorité parlementaire et son homologue espagnol, qui place l’autonomie et l’honneur de son pays – non sans arrières-pensées de politique interne – avant les réformes, le chemin est encore long. Les deux dirigeants sont d’autant moins pressés d’agir que le gouvernement français temporise pour sa part, comme le soulignait “L’Express” de la semaine du 23 juillet.

Même si “les bases d’un deal entre politiciens et banquiers centraux sont posées”, comme le croit l’agence Bloomberg ce vendredi, on tourne en rond. Les banques centrales renvoient les politiciens à leurs responsabilités. Ces derniers annoncent quelques petites mesures, se réunissent, font de belles déclarations et renvoient le dossiers aux banques centrales. Celles-ci font mine de se montrer encore plus accommodantes tout en réaffirmant le besoin de fermeté, avant de repasser la balle aux politiques, dans une partie de bras de fer qui se prolonge depuis l’éclatement de la crise grecque en avril 2010.

Ce petit jeu aux conséquences dramatiques peut durer longtemps encore.