“Messieurs, qu’avez-vous proposé en 2009 lorsque le système financier menaçait de s’effondrer sous les coups de la faillite de Lehman Brothers?” Telle est la réponse de Mark Dittli, rédacteur en chef de Finanz und Wirtschaft, à l’appel des 178 économistes cosignataires de l’appel lancé par Hans-Werner Sinn, président de l’institut de recherches économiques IFO, contre le projet d’Union bancaire. Ces derniers s’inquiètent de voir les pays riches devoir assumer les dettes des banques insuffisamment capitalisées pour faire face à la crise. Lire: les Allemands financer les banques espagnoles.

Alors que la mise au point de l’union bancaire ne fait que commencer (un projet devrait être présenté en octobre), l’offensive est brutale. Mais est-elle bien organisée? Les signataires de l’appel de HW Sinn paraissent surtout peu sensibles aux effets de contagion d’un effondrement bancaire, comme si les précédents de Bear Stearns et de Lehman ne comptaient pas. On s’étonne que des économistes de renom nient encore les effets de l’intense mondialisation du secteur financier. Leur position ressemble à une fuite face à la responsabilité que cette mondialisation implique.