Un sondage publié vendredi matin en Allemagne par la chaîne de télévision publique ARD montre que la popularité d’Angela Merkel ne souffre absolument pas de la politique d’austérité que la chancelière fait régner sur l’Europe en crise, bien au contraire. Avec 66% d’approbation, elle recueille 8 points de plus qu’un mois plus tôt. Le résultat du sommet européen, où elle a été présentée comme contrainte de lâcher du lest en faveur d’une politique de croissance demandée par les pays du sud, montre que les Allemands ne sont pas dupes: les 120 milliards d’euros  concédés à François Hollande, Mario Monti et Mariano Rajoy ne sont qu’une simple réallocation de financements communautaires déjà existants.

Ce soutien populaire, la chancelière en aura bien besoin pour maintenir le cap au moment de définir cet été et à la rentrée, les contours précis de l’Union bancaire européenne, et pour venir en soutien à la BCE. Cette dernière a vu sa modeste baisse des taux d’intérêt annoncée jeudi massacrée par les marchés financiers, qui la jugent insuffisante – ils voulaient en plus qu’elle achète massivement des titres. Mais la BCE, après le repli tactique des Allemands fin juin, avait-elle un autre choix, surtout au moment où même les économies prospères du Nord ralentissent? Une réaffirmation des priorités allemandes – un sou est un sou, la valeur ne s’invente pas, elle se crée – sera tout bénéfice pour l’institution dirigée par Mario Draghi, qui en sortira confortée dans son application stricte des principes de politique monétaire.

Comme le soulignait en début de semaine Andreas Höfert, le stratège d’UBS que l’on ne peut pas soupçonner de faire le jeu des monétaristes extrémistes, la Fed américaine a beau créer des liquidités, elle n’en fait pas pour autant redémarrer l’économie américaine. Ces principes sont valables en Europe aussi.