Alors que l’opinion britannique prend la pleine mesure du scandale de la manipulation des taux d’intérêt par les grandes banques internationales, la BNS peut se féliciter d’avoir pris les devants. En 2010, elle lançait son propre taux interbancaire en francs suisses, le Saron, dont le niveau est publié quotidiennement sur son site web, alors que la City de Londres bruissait déjà, mais encore discrètement, de l’enquête menée par la FSA (le régulateur britannique) sur les manoeuvres peu claires concernant le Libor.

Il en faudra néanmoins davantage pour que le Saron décolle vraiment. En dépit des manipulations, le taux londonien demeure LA référence mondiale en matière de rémunération des placements à très court terme. Mais le Liborgate marque peut-être le début d’un retournement.