Les décisions du sommet européen de jeudi et vendredi dernier vont dans la “bonne direction”, a indiqué ce lundi Thomas Jordan, président de la Banque nationale, dans la HandelsZeitung. On entend le soupir de soulagement qui doit traverser les blancs couloirs de l’immeuble de la BNS, Börsenstrasse à Zurich. L’attirail qu’elle avait prévu de brandir dans le cas contraire où les Européens s’étaient quittés fâchés reste dans les placards. Pour pallier à son impuissance à baisser les taux d’intérêt (déjà à zéro) pour réduire l’attractivité des placements en francs et pour éviter de devoir acheter des fortunes en euros afin de maintenir le taux plancher, elle était prête à contraindre les banques commerciales à faire payer à leurs déposants étrangers une taxe spéciale, voire à introduire des contrôles des changes. Comment? Elle n’est jamais entrée dans les détails, pas plus que le Département fédéral des finances.

Le répit pourrait n’être que provisoire. Ce n’est qu’en octobre que les Européens feront à nouveau le point sur les programmes de soutien. D’ici là, le gouvernement Monti peut être renversé, et les doutes s’accroître sur la capacité du gouvernement Ayrault à appliquer les coupes budgétaires de 32 milliards d’euros que lui recommande sa cour des comptes.